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Source : www.brazzaville-adiac.com

L'incroyable histoire...

L'évènement s'est produit vendredi dans le très bel espace que la Librairie-Galerie Congo occupe depuis peu en plein centre de Paris. Il a permis au directeur général du célèbre musée du Quai Branly, Yves Le Fur, de remettre à la présidente de la Confédération générale téké, Eugénie opou, un moulage du collier du Roi Makoko disparu en 1894. Collier dont l'incroyable histoire se trouve racontée dans le livre que présentaient en cette même occasion Les Éditions Les Manguiers (1).

Déjà peu banal en soi puisqu'il rappelait une page d'Histoire écrite il y a plus d'un siècle, l'évènement a été marqué par les propos du secrétaire général de la Commission du cinquantenaire, Jacques Toubon. Loin, en effet, de s'en tenir au discours que l'on tient généralement en pareille circonstance, l'homme chargé par la France de coordonner les nombreuses manifestations prévues dans ce cadre a souligné l'urgence pour la France et pour l'Afrique de refonder leurs relations. Commentant le malentendu qui provoqua la disparition du collier mythique que portaient traditionnellement les rois tékés, il a plaidé pour une relance de la coopération Nord-Sud qui n'occulte rien du passé mais soit profitable aux deux parties.

Prononcées devant un auditoire composé de personnalités congolaises et françaises de premier plan, ces paroles de bon sens ont été longuement applaudies. Applaudies au point que l'on pouvait se demander, la cérémonie étant terminée, si l'on ne venait pas d'assister, ce 7 mai 2010, à la naissance d'une nouvelle forme de coopération fondée non sur des intérêts purement matériels comme ce fut trop longtemps le cas, mais sur la communauté de langue et de culture, sur la reconnaissance de l'art comme trait d'union entre les peuples.

Alors que l'on peut légitimement se demander ce qu'il adviendra dans les années à venir de la relation privilégiée que l'Afrique et la France ont jusqu'à présent entretenue (2), les propos de Jacques Toubon donnent à penser qu'une réflexion est désormais engagée à haut niveau, en France même, sur le sujet. En conclure que quelque chose pourrait enfin bouger sur ce terrain serait vendre la peau du lion ou de la panthère avant de les avoir tués. Mais dans l'Histoire des peuples, les grands changements sont toujours précédés de signes qu'il faut savoir interpréter. Peut-être la remise du moulage du collier de Makoko est-elle l'un de ces signes.

Les Dépêches de Brazzaville

(1) «L'incroyable histoire du collier du roi Makoko de Mbé», par Eugénie opou. Éditions Les Manguiers. 52 pages.
(2) Lire la "Réflexion : Le «sommet» de Nice : retrouvailles ou divorce ?", rubrique International.

Source : www.brazzaville-adiac.com

En photo ci-dessus (de gauche à droite) :
• 1er plan : M. Patrick WEIL (Président de Biblothèques Sans Frontières), Mme Eugénie OPOU (Présidente de la Confédération Générale Téké), M. Pierre Chapirat (Adjoint au Maire de Paris chargé des Relations Internationales et de la Francophonie), M. Jean Paul PIGASSE (Directeur de la Publication Les Dépêches de Brazzaville)
• 2è plan : M. Jacques TOUBON (Secrétaire Général du Cinquantenaire des Indépendances Africaines), M. Yves LEFUR (Directeur du Musée du Quai Branly)