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« Mme OPOU Eugénie monte au créneau et réclame le droit de devoir aux combattants africains. Près d'un soldat sur deux, était un Africain : les tirailleurs maghrébins et noirs constituaient le gros de l'infanterie en août 1944 pour libérer la ville de Toulon. Nous avons demandé à Mme OPOU Eugénie, présidente de l'association Afrique Autrement, basée à Lyon de nous dire pourquoi la France doit un devoir de mémoire aux anciens combattants Africains. Sa réponse est sans équivoque. Parce que pendant que la patrie était en péril, la France s'est souvenue que les Africains faisaient partie intégrante des enfants du pays et que pour cette raison, ils avaient le devoir de la défendre au péril de leur vie. Parce que ces combattants Africains venus des contrées lointaines qui ont combattu aux côtés de leurs homologues comme des frères ont le mérite d'avoir sacrifié leur vie pour défendre la paix et les libertés. (Le livre du Colonel Rives " intitulé héros méconnus" et tant d'autres écrits en leur honneur en disent long). Parce que leur courage, leur enthousiasme, leur abnégation, leur altruisme, leur peine, leur héroïsme, leur esprit de sacrifice ont contribué à la victoire que nous célébrons aujourd'hui. Parce que 60 ans après la fin de la seconde guerre, pendant que la patrie honore ce devoir de mémoire, en rendant hommage aux anciens combattants, nous, communauté Africaine avons le devoir d'interpeller et à juste titre la France qui n'a pas le droit de faillir devant ses responsabilités, que les combattants Africains ont écrit une partie de cette mémoire et que la France n'a pas le droit d'essayer de faire oublier cette réalité, mais la regarder en face, méditer et réagir. Parce que cette mémoire commune nous appartient, nous faisons appel au sens des responsabilités, de la gratitude et du devoir de la classe politique Française vis-à-vis de celle-ci pour enfin apporter aux combattants Africains et leurs descendants cette reconnaissance dont nous avons besoin. Parce que notre intégration dans ce pays d'accueil passe également par la reconnaissance de cette mémoire, qui faute de l'entretenir rentre dans l'oubli alors qu'elle est la raison essentielle de la présence des Africains en France. »