Le Blog d'Eugénie OPOU (ancienne version)

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samedi 23 juin 2007

L'argent des « Noirs » n'a pas d'odeur...



Toutes les questions relatives à notre identité, l’identité des « Noirs », doivent être posées et débattues. C’est à partir du fruit de ces discussions que se consolidera notre conscience collective, indispensable à notre unité. Aussi, je voudrais saisir cette occasion pour traiter d’économie (au sens large), dans la mesure où, selon moi, notre faiblesse économique collective s’explique, en grande partie, par notre errance identitaire.

Que représentent les « Noirs » réellement ?
Les « Noirs » ne représentent ni plus, ni moins qu’un fond de commerce que chaque communauté (à l’exclusion de celle en question) utilise à sa guise sans rendre de comptes. Il est temps que nous prenions conscience de cet état de fait.

Les « Noirs » sont de très grands consommateurs, sans doute, en proportion de leur pouvoir d’achat, les plus grands consommateurs en France. Pour ne citer que le domaine des cosmétiques, certaines d’entre nous n’hésitent pas à y consacrer, que dis-je, à y dévouer 30% de leur revenu mensuel. Hélas, dans ce créneau très spécialisé, les distributeurs sont très rarement « Noirs ». Ainsi, nombreux sont les commerçants dont les affaires prospèrent grâce au faible pouvoir d’achat des « Noirs », ce qui ne les empêchent pas, au demeurant, d’être méprisants à notre égard.

Les « Noirs » participent véritablement à l’enrichissement des autres communautés, et se dépouillent naturellement eux-mêmes. Nous n’avons aucune réserve car nous ne sommes pas présents sur le marché, et nous ne faisons aucun sinon très peu d’efforts pour aider et encourager ceux parmi nous qui essaient péniblement d’y remédier ; c’est pourquoi nous portons ensemble la responsabilité de notre échec.

On entend beaucoup parler du rejet du « Noir », pourtant jamais du rejet de son argent, bien au contraire, « Noir, donnes ton argent et tais toi ! » semble être le slogan implicite du moment. On a utilisé notre force hier, on nous dépouille de notre argent aujourd’hui. Est-ce à dire que l’argent des « Noirs » n’a pas d’odeur ? L’odeur de l’argent des « Noirs » serait-il plus supportable ?

Il faut prendre conscience aujourd’hui que sans l’argent des « Noirs », beaucoup de commerces mettraient la clé sous la porte. Nombreux sont ceux qui déplorent l’inexistence de lobbies « Noirs »… je crois au contraire que nous avons ici, un instrument de pression dont personne n’a encore réalisé le potentiel.

mercredi 13 juin 2007

Lisez et faites circuler l'information !



Une personnalité dont je tairai le nom a écrit, je cite : « Si vous voulez que les Africains ne soient pas au courant de ce qui se passe, écrivez, car les Africains ne lisent pas ». J’ai envie de dire que, quelque part, cette assertion, certes gratuite, devrait nous faire réfléchir. Il nous faut démentir ces préjugés qui nous collent à la peau. Il suffit tout simplement de faire ce qu’il faut : lire et s’informer, car seul celui qui a l’information peut être en capacité de réagir en trouvant les arguments et les mots justes pour ce faire.

En ce qui concerne les « Noirs » en général, les « pseudo spécialistes » écrivent tout et n’importe quoi, surtout les négationnistes de notre Histoire qui ne lésinent pas sur les moyens pour faire passer des idées telles que : « l’esclavage n’a jamais existé, ce sont les Africains qui ont vendu leurs propres frères », ou alors « le colonialisme a été un bienfait pour l’Afrique » voire « les Africains ne sont pas encore prêts pour la démocratie ».

Sur tous ces points, les idées reçues persistent dans la mesure où nous laissons les autres non seulement écrire mais aussi réagir voire s'exprimer à notre place.

Réagissez !
Lisez !
Faites lire !
Ecrivez ! Produisez !

La tradition orale ne nous sert pas, ou peu.
Cette citation le confirme bien : « Les paroles s’envolent, les écrits restent ».

jeudi 7 juin 2007

Hommage au Capitaine N’Tchorere



Charles N'Tchoréré
: Commandant la 7ème compagnie du 53ème RJCMS (Libreville 1896 - Airaines 1940) d’origine gabonaise. Le 7 juin 1940, débordé par les sauts allemands, il est fait prisonnier avec sa troupe au terme de rudes combats. Pour avoir revendiqué le droit d’être traité en officier français, il est abattu à bout portant d’une balle de pistolet. La promotion 1957-1959 de formation des officiers ressortissants des territoires « d’Outre Mer » prend le nom « Capitaine N’Tchorere ».
Tiré du document : « les tirailleurs sénégalais dans la campagne de France ».

Poème :
Toujours prêt à servir la « patrie »
Au mépris de sa vie
Présent pendant la première guerre 14-18
En 1916 il se porte volontaire au front
Puis en 1939 il part en guerre
Avec un bataillon de volontaires Gabonais
Il est fait prisonnier et exécuté

Sergent, capitaine
Puis de sa compagnie, le commandant
Cité à l’ordre de la division
Il a incarné la force et le courage africains

Décoré successivement
De la croix de guerre
Avec étoile d’argent
De la croix de guerre
Avec étoile de vermeil
A l’image de ce qu’il a été
Une merveille

Capitaine N’Tchorere
Ou un bel exemple d’engagement
De bravoure et de dévouement
Qui arbore le mérite des tirailleurs
Lui, venu d’ailleurs
Défendre la paix et les libertés

Nous te rendons hommage
Au nom de ta patrie mère, le Gabon
Au nom de tous les tiens
Au nom de la « patrie » France

Que tu as défendue corps et âme
Pour toutes les âmes que tu as sauvées
Pour avoir sacrifié ta vie
Sans rien demander en retour
Pour avoir sauvé l’honneur
De la « patrie »
Et de tous ceux qui te sont chers
Merci.

© 2007 Eugénie MOUAYINI OPOU. Tous droits réservés.

dimanche 3 juin 2007

A propos de la Libération de la France en 1944

vu sur www.afriketudiant.com :
« Mme OPOU Eugénie monte au créneau et réclame le droit de devoir aux combattants africains. Près d'un soldat sur deux, était un Africain : les tirailleurs maghrébins et noirs constituaient le gros de l'infanterie en août 1944 pour libérer la ville de Toulon. Nous avons demandé à Mme OPOU Eugénie, présidente de l'association Afrique Autrement, basée à Lyon de nous dire pourquoi la France doit un devoir de mémoire aux anciens combattants Africains. Sa réponse est sans équivoque. Parce que pendant que la patrie était en péril, la France s'est souvenue que les Africains faisaient partie intégrante des enfants du pays et que pour cette raison, ils avaient le devoir de la défendre au péril de leur vie. Parce que ces combattants Africains venus des contrées lointaines qui ont combattu aux côtés de leurs homologues comme des frères ont le mérite d'avoir sacrifié leur vie pour défendre la paix et les libertés. (Le livre du Colonel Rives " intitulé héros méconnus" et tant d'autres écrits en leur honneur en disent long). Parce que leur courage, leur enthousiasme, leur abnégation, leur altruisme, leur peine, leur héroïsme, leur esprit de sacrifice ont contribué à la victoire que nous célébrons aujourd'hui. Parce que 60 ans après la fin de la seconde guerre, pendant que la patrie honore ce devoir de mémoire, en rendant hommage aux anciens combattants, nous, communauté Africaine avons le devoir d'interpeller et à juste titre la France qui n'a pas le droit de faillir devant ses responsabilités, que les combattants Africains ont écrit une partie de cette mémoire et que la France n'a pas le droit d'essayer de faire oublier cette réalité, mais la regarder en face, méditer et réagir. Parce que cette mémoire commune nous appartient, nous faisons appel au sens des responsabilités, de la gratitude et du devoir de la classe politique Française vis-à-vis de celle-ci pour enfin apporter aux combattants Africains et leurs descendants cette reconnaissance dont nous avons besoin. Parce que notre intégration dans ce pays d'accueil passe également par la reconnaissance de cette mémoire, qui faute de l'entretenir rentre dans l'oubli alors qu'elle est la raison essentielle de la présence des Africains en France. »

vendredi 1 juin 2007

Commémorations du 18 Juin



Le 18 juin 2007, jour anniversaire de l’appel du Général de Gaulle, comme chaque année depuis la fin de la guerre 1939-45, les anciens combattants se recueilleront sur la stèle du « soldat inconnu » et également sur celle érigée sur les monts de Balmont dans le 9ème arrondissement de Lyon, à la mémoire des soldats africains lâchement assassinés.

Eugénie OPOU prononcera un discours et ses poèmes dédiés aux combattants africains seront lus pour leur rendre hommage.