Le blog d'Eugénie OPOU

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 28 janvier 2008

Calendrier Tradi-Moderne de Nkoué-Mbali 2008



Mboré a wè !
Le calendrier Tradi-Moderne de Nkoué-Mbali pour l'année 2008 est disponible !
Téléchargez le en cliquant ici.

(En photo ci-dessus, le Ngueilino Opoontaba, Royaume Téké, ~1880)

dimanche 25 novembre 2007

2007 tend vers sa fin, 2008 pointe à l’horizon...

L’année 2007 se termine comme elle a commencé c'est-à-dire médiocre en actualité, en politique et autres. L’année 2008 s’annonce plutôt coriace, ménageons nos montures, douze mois en 2008 risquent fort de ressembler à une éternité.


 

Actualité.
L’affaire de l’Arche de Zoé : Nous avons tout entendu, je ne sais pas si l’ensemble de la communauté africaine est bien informée sur la stricte vérité, moi j’ai des doutes et je m’interroge. Mais quoi qu’il en soit j’attends maintenant qu’on livre à l’Afrique également, tous les vendeurs d’armes qui arment les enfants sans scrupule et qui osent par la suite parler d’enfants soldats, tous ceux qui pillent les matières premières de l’Afrique et l’empoisonnent. Si tel n’était pas le cas alors, tout ce méli mélo n’est qu’une mascarade et du bruit pour rien. L’affaire « Arche de Zoé » n’est qu’un arbre qui cache la forêt.


 

Symbolisme.
« Au pays des aveugles, les borgnes sont rois ».
Les Africains sont un peuple béni des dieux, mais le savent-ils ? Le ciel leur a tout donné. Mais sont-ils conscients de cet état de fait ? L’Afrique est un continent en or. Après la ruée vers l’or aux Amériques, hier, c’est la ruée vers l’or en Afrique aujourd’hui. Mais à qui cela profite ? L’Afrique est aujourd’hui envahie par toutes sortes de Vautours qui saccagent l’Afrique à longueur de journée avec une vitesse effrénée comme pour en finir une fois pour toute et sans rendre de comptes à personne, devant une population qui croupit dans la misère… et tout le monde s’en moque, ce qu’on trouve à dire c’est que les Africains sont des paresseux.

Au pays des Emirats producteurs de pétrole, la richesse profite à toute la population et ça se voit. Au pays des Africains producteurs de pétrole, la population ne profitant pas de la richesse, tire son bénéfice dans les maladies dues à la pollution de l’environnement et tout le monde s’en moque éperdument. Décidément, on peut admettre que les Africains soient aveugles, mais à ce point, le borgne exalte. Mais « Rira bien, qui rira le dernier »…


 

Culture.
Actuellement présidente de L’ACEN et coordinatrice de l’évènement Miss beauté KAM 2008, j’ai, depuis 1993, dirigé plusieurs associations : Collectif des femmes d’Afrique Centrale (CFAC), Initiatives des femmes d’Afrique et d’Europe (IFAFE), Collectif des Associations Africaines de la Région Rhône Alpes (CAARAA), Afrique Autrement, Club d’Epargne Solidaire pour Entreprendre (CESE), Bii Bana Nkoué Mbali (BBNK), Confédération Générale Téké (CGETE), Association des Amis des Plateaux en France (AAPLAF), etc...

A ce titre, j’affirme que les associations sont des outils de liaison entre les communautés, qu’elles jouent un rôle important dans le maintien de la solidarité entre les hommes et les femmes, toutes communautés confondues. C’est pourquoi, avec l’équipe de L’Association Charme et Elégance Noire (L’ACEN) nous organisons un grand évènement en juin 2008 : Miss Beauté KAM ©.

L’équipe de L’ACEN tient à signaler que nous ne sommes pas dans une démarche politique ni de revendication quelconque. L’esprit démocratique qui anime l’équipe d’organisation est tout simplement l’affirmation de soi en se saisissant de la constance culturelle qui est la lampe qui éclaire, en définitive, nos consciences. D’autres organisations, représentant la communauté africaine en France, existent… certaines d’entre elles s’engagent avec beaucoup d’énergie à défendre et promouvoir notre identité. Nous avons le devoir de les soutenir.

L’ACEN n’est encore qu’une goutte d’eau qui souhaite apporter un grain de sel dans l’océan des initiatives. Miss Beauté KAM © se reconnaît dans une démarche strictement culturelle. Cette démarche s’inscrit dans la mise en valeur de la culture KAM (noire) via le vecteur : Beauté & Elégance.


 

Rejoignez une équipe qui gagne !

jeudi 22 novembre 2007

Sa Majesté le Roi Makoko (Ounko) Nguempio

Photos de l'actuel Souverain des Téké
Septembre 2006 : Mbé, Capitale du Royaume Téké - Congo

dimanche 16 septembre 2007

Ousiré Kemit et Outsara Téké...

« Depuis Iloo 1er jusqu’à nos jours, quatorze Rois se sont succédé [sur le trône Téké]. Aucun de ces quatorze Rois n’accepta d’accueillir l’évangile [du christianisme]. Le peuple Téké a toujours été adorateur de Nkoué-Mbali qui est un esprit, un envoyé de Dieu sur terre venu pour mettre en place le Royaume Téké et le protéger. […] en évoquant Nkoué-Mbali, les hommes font allusion à une philosophie morale et politique dont la préoccupation majeure serait de faire régner l’ordre parmi les habitants du Royaume […]. »
Eugénie OPOU, Le Royaume Téké, L’Harmattan, 2005, p. 39

« Selon la tradition africaine ancienne [plus connue sous l’anachronisme : civilisation Egyptienne], Ousiré [nom africain authentique traduit en Grec par "Osiris"] fut le premier envoyé de Dieu apparu sur Terre à l’époque fondatrice. Il a hérité de son père Geb (symbolisant la Terre) la responsabilité de veiller sur le trône de Dieu. Sa mission fut de guider les hommes (le troupeau de Râ) sur les voies de la sagesse divine […]. »
Jean Philippe OMOTUNDE, Manuel d’études des Humanité Classiques Africaines vol. 1, Menaibuc, 2007, p. 37

« La semaine du Royaume Téké se compose en quatre jours :
- 3 jours ouvrables : Oudzouo, Oukoué, Oukila
- 1 jour sacré : Outsara dit Nkoué-Mbali
Outsara et Nkoué-Mbali désignent le même jour. »
Eugénie OPOU, Le Royaume Téké, L’Harmattan, 2005, p. 10

Y aurait-il une corrélation entre "Ousiré" et "Outsara" ? Outsara est le nom du 4ème jour de la semaine Téké qui est communément appelé « jour de Nkoué-Mbali ». Outsara est-il une seconde façon de désigner Nkoué-Mbali ?
En plus de la relative proximité des "mythologies" respectivement "égyptienne" (Kemit) et Téké, dans lesquelles les deux divinités « envoyées de Dieu sur Terre » ont un rôle de guide moral et spirituel, on est contraint de relever la très proche consonance entre les noms "Ousiré" et "Outsara". Troublant n'est-ce pas ?

« [...] l'Egypte et l'Afrique noire appartiennent au même univers culturel : la culture africaine actuelle plonge ses racines dans le limon de la vallée du Nil. »
Cheikh Anta DIOP, Antériorité des Civilisations Nègres (2ème édition), Présence Africaine, 1993, p. 74

Il serait intéressant, voire impératif, d’envisager l’étude d’une éventuelle parenté de "l’égyptien" ancien et du Téké… et d’aboutir à des éléments nous permettant de valider l’argument de Cheikh Anta DIOP.

« Autant il est difficile de soutenir – à plus forte raison de prouver – la parenté de l’égyptien et des langues indo-européennes et sémitiques, autant il est facile de prouver l’unité de l’égyptien et des langues nègres. »
Cheikh Anta DIOP, Nations Nègres et Culture (4ème édition), Présence Africaine, 1979, pp. 231-232



A gauche, le souverain Téké Iloo 1er (~1820-1892) qui régna entre 1874 et 1892. A droite, le pharaon Ramses II (~-1305-~-1213) qui régna entre -1279 à -1213 (avant l'ère chrétienne).

vendredi 27 juillet 2007

Eugénie OPOU interviewée par les Dépêches de Brazzaville



Vu sur www.brazzaville-adiac.com

Auteur de trois livres : « Le Royaume Téké », « La reine Ngalifourou » et « Sa Mana au croisement des bourreaux », Eugénie opou, qui réside en France, bouillonne d'une passion : éclairer le chemin de ceux qui le voudront sur l'histoire du Congo son pays, une histoire entremêlée à celle du royaume téké. Elle répond aux questions des Dépêches de Brazzaville.

Les Dépêches de Brazzaville : Qu'est ce qui vous amène au Congo ?

Eugénie opou : Outre le fait que je suis auteur écrivain, je suis responsable associatif et milite dans plusieurs associations que je dirige à savoir la Confédération générale téké, Afrique autrement et Charme et élégance noire pour ne citer que celles-là. Avec la Confédération générale téké on a mis en place un projet pour essayer d'apporter de l'eau potable à la population dans le village de Mbé. Je suis venue ici une dizaine de jours avec le représentant de l'ONG Agir ABCD qui a accepté d'appuyer notre projet et de faire une reconnaissance du terrain. Nous attendons de voir la faisabilité du projet.

D.B. : Etes-vous d'origine Téké ?

E.O. : Je suis de nationalité congolaise. Téké est un peuple. Je n'aimerais pas prendre les Tékés comme une ethnie à part parce que le peuple congolais demeure un et indivisible. Je considère les Congolais comme une famille et le peuple téké fait partie ce peuple. L'histoire du Congo que je connais bien est liée à la rencontre entre Pierre Savorgnan de Brazza et le roi Ilô. D'où l'importance du royaume téké qui a fait que la capitale congolaise porte le nom de cet explorateur français d'origine italienne. C'est toute une histoire qui a commencé avec le royaume téké, un royaume incontournable pour quiconque veut connaître l'histoire du Congo. Nous ne pouvons avancer sans savoir cette histoire parce que ceux qui l'ont écrit avant nous disent toujours que celui qui ne sait pas d'où il vient, ne sait pas non plus où il va. C'est dire qu'il nous faut savoir d'où nous venons et pouvoir de la sorte saisir notre espoir, notre mémoire.

D.B. : Pourquoi vous appesantissez-vous dans vos écrits sur l'histoire du Congo ?

E.O. : Lumumba disait que l'histoire de l'Afrique sera écrite par les Africains eux-mêmes. Elle ne devra pas être écrite par d'autres ailleurs qui, eux, écrivent avec leur vision des choses et souvent une vision erronée alors que nous, nous l'écrivons avec cette vérité que nous savons. Et, ne peut connaître cette vérité que celui qui l'a vue. Ayant vécu notre histoire, c'est à nous de pouvoir écrire notre mémoire. C'est d'ailleurs ce qui m'a poussé à écrire le livre sur le royaume téké.

D.B. : Qu'est ce qui a présidé à la rédaction de Sa Mana au croisement des bourreaux et de la Reine Ngalifourou ?

E.O. : En tant que responsable associatif, j'aide beaucoup des jeunes et d'autres qui arrivent en France et rencontrent de sérieuses difficultés. Il m'est arrivé de résoudre bon nombre de problèmes liés à l'esclavage moderne. Ce qui a martelé ma conscience. C'est pour dénoncer cet esclavage moderne que ce livre apportant des témoignages vivants a été écrit. Par ailleurs, c'est pour soigner l'image de la femme africaine que le livre sur la reine Ngalifourou a été écrit. En effet, quand on parle de cette femme africaine, on la présente souvent comme une femme soumise alors qu'en réalité ce n'est pas toujours le cas. Notre terre a été gérée par les femmes. L'histoire des royaumes en Afrique évoque longuement la place qu'elles ont occupée dans le passé. C'est le cas du royaume téké qui a été géré par la reine Ngalifourou pendant plus de cinquante ans. Elle a marqué notre histoire, celle du Congo Brazzaville. C'est une femme qui s'est battue. Elle mérite notre estime et il fallait qu'elle soit plébiscitée. Voici la raison pour laquelle j'ai écrit ce livre.

D.B. : Vous vous intéressez aussi à la poésie ?

E.O. : En effet, je m'intéresse depuis quelques temps à la poésie. J'ai écrit un recueil de poèmes par thèmes et je me suis rendue compte qu'avec cette forme littéraire on peut dire beaucoup de choses en quelques mots. J'ai écrit, entre autres, sur l'esclavage moderne, l'immigration, les tirailleurs africains... C'est à travers mes œuvres poétiques que j'ai reçu le prix littéraire qui est le prix international Naji-Naanan.

D.B. : Avez-vous une idée sur l'impact que vos livres ont eu à l'étranger et dans votre propre pays ?

E.O. : J'ai été comblée quand j'ai eu le témoignage des jeunes qui sont l'avenir du pays. Des jeunes qui m'ont dit avoir reçu par ces écrits quelque chose qui leur manquait. Que ce soit en France ou au Congo, lorsqu'on n'apporte pas aux jeunes leur histoire, on en fait des gens déracinés. Les jeunes manquent de repères. Il faut savoir donner des repères aux gens sans quoi ils les prennent là où ils les trouvent. Nous devons donner à ces jeunes les repères de nos traditions, de nos coutumes africaines.

D.B. : Un mot pour conclure ?

E.O. : Nous avons besoin de paix pour notre pays que nous avons à cœur de construire. Nous avons également besoin de notre histoire pour avancer. Alors saisissons notre mémoire et travaillons pour notre pays. Quand on construit quelque chose il faut toujours avoir une base. Lisons Le royaume téké qui est le socle de cette histoire et construisons l'avenir.


Propos recueillis par Nestor N'Gampoula.

mardi 17 juillet 2007

Afrique, cimetière des éléphants

De Simon Kimbangu à Nelson Mandela en passant par Lumumba, Amilcar Cabral, Jomo Kenyatta, Sékou Touré, Houphouët Boigny, Kwame NKrumah, Thomas Sankara, Marien Ngouabi, Steven Biko, … Que de richesses d’hommes et de pensées. Qu’avons-nous donc retenu du passage de ces éléphants, de leur lutte, du message qu’ils ont voulu faire passer? Au-delà des mythes qu’ils sont devenus, que reste-t-il d’eux ? Quel projet avons-nous construit pour leur faire honneur ? Qu’avons-nous fait de leur bel exemple ?

Le cimetière des éléphants est-il une prison de pensées qui enterre une deuxième fois nos héros ? Non, je ne pense pas, car comme nous le savons « la vérité même enterrée sous une masse de pierres finit toujours par jaillir ». Les éclaireurs de la nuit veillent. Méditons…


« Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l’étroitesse d’esprit. »
Nelson Mandela



« L’arme la plus puissante entre les mains de l’oppresseur est l’esprit de l’opprimé. »
Stephen Bantu Biko



« Quand ton pays est sale et manque de paix durable tu ne peux lui rendre sa dignité et sa propreté qu’en le lavant avec ton sang. »
Marien Ngouabi



« Afin de jouer pleinement le rôle qui lui incombe dans la lutte de libération nationale la petite bourgeoisie révolutionnaire doit être capable de commettre un suicide en tant que classe, afin d’être ramenée à la vie dans les conditions de travailleurs… s’identifiant totalement aux aspirations les plus profondes de son peuple. »
Amilcar Cabral



« Parce que de toutes les races humaines nous appartenons à celles qui ont le plus souffert nous nous sommes jurés de ne plus jamais accepter sur la moindre parcelle de cette terre le moindre déni de justice. »
Thomas Sankara



« Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destiné de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. »
Patrice Lumumba

Les enfants d’Afrique doivent non seulement se souvenir de ces têtes pensantes qui ont incarné à la fois des hommes politiques d’une droiture exemplaire et des philosophes à la pensée si puissante qu’elle continue de nous illuminer aujourd’hui, mais aussi étudier, étudier et encore étudier leur parcours, leurs succès, leurs erreurs et surtout appréhender, analyser, comprendre leur projet pour l'Afrique. Ils nous ont légué cette richesse et nous devons honorer leur mémoire en gardant intact le feu de leur combat, de notre combat. Le cimetière des éléphants d’Afrique doit devenir une plate forme d’idées et de combat contre toute forme d’injustice.

jeudi 5 juillet 2007

6, 7 et 8 juillet 2007 : 4è Colloque International Menaibuc

1è publication du billet, le 4 juin 2007



La 4è édition des MIKM (Menaibuc International Kemetic Meeting) se tiendra à Paris les 6, 7 et 8 juillet 2007, avec comme thème central : La vision philosophique et spirituelle de l'Afrique Noire peut-elle éclairer l'humanité au 21ème siècle ?

Les interventions seront regroupées en panels :
1. Philosophie et économie
2. Spiritualité et politique
3. Herméneutique de textes de l’Afrique antique
4. Berceau africain de concepts spirituels et philosophiques majeurs
5. Introduction à la prière negro-africaine
6. Témoignages

Eugénie OPOU interviendra dans le panel 6, le vendredi 6 juillet uniquement (en raison de son agenda et de ses engagements), au sein du panel « Témoignages » et exposera la vision spirituelle et philosophique du Royaume Téké.

Parmi les autres intervenants, notons la présence de : A. Mazama (USA), N. Dove, Spartacus (Angleterre), S. Kalamba Nsapo (Belgique), D. V. Picotti de Camara (Argentine), Y. E. Amaïzo (Autriche), M. Crane (Canada), M. Bilolo, S. Tonkam (Allemagne), Doumbi-Fakoly, P. K. Adjamagbo, N. Agbohou, N. Modeste, R. L. P. Etilé, J. P. Omotunde, R. Wazi Nandefo, A. Fwakasumbu, J. J. Seymour, T. Mouelle II, J. P. Mbelek, J. C. Joseph, J. C. Coovi Gomez, Kemwana (France), et (sous réserve) : T. Obenga (USA), M. Karenga (USA), L. Jeffries (USA), M. K. Asante (USA).

Vous l'aurez compris, il s'agit d'un rendez-vous à ne pas manquer. Vous pouvez dès lors réserver vos places.

Pour plus d'information, téléchargez le communiqué de presse, et consultez www.menaibuc.com.

Lieu :
Maison des Mines et des Ponts et Chaussées
270, rue Saint Jacques
75005 PARIS
RER B Luxembourg
Sortie rue de l'Abbé de l'Epée

lundi 2 juillet 2007

Noirs/Bons, Blancs/Mauvais ?



J’ai choisi ce thème pour éviter l’amalgame qui se construit autour des personnes qui ne demandent qu’à vivre en paix et en harmonie les unes avec les autres ; les personnes qui ne demandent qu’à partager leur bonheur et leurs émotions.

Il existe des « Blancs » mauvais et des « Noirs » mauvais qui forment un clan, le clan des malintentionnés. Ils ont à quelque chose près le même comportement agressif, haineux et envieux. Ils ont un même objectif : diviser pour régner et ainsi dominer. Ils ont une vision étriquée du monde et considèrent le plus grand nombre comme des moutons de panurge. Ils ont soif de pouvoir et d’argent. Ils s’arrangent toujours pour corrompre les plus faibles et ainsi maintenir les autres dans un état d’asservissement. Ils maîtrisent le plus souvent la communication donc les médias. Ils sont capables du pire pour défendre leurs intérêts personnels. A leurs yeux, le peuple passe en seconde position après l’argent. Ils dévalorisent l’être humain et valorisent l’argent qui semble faire leur bonheur. Enfermés dans leur égoïsme, prisonniers de leurs propres manigances, ils finissent tôt ou tard par sombrer, le piège se refermant sans ménagement sur leur petite personne. C’est à ce moment précis que le masque tombe et qu’ils se rendent compte qu’ils ne sont pas différents des autres. Tout ce mal pour rien ou pour si peu en fin de compte.

Il existe des « Blancs » bons, des « Noirs » bons. Ils sont ceux qui luttent pour défendre des causes justes, qui se battent et mettent leur vie en danger chaque jour pour sauvegarder cet équilibre toujours fragile dont le monde a besoin. Ils sont ceux qui, ayant pour seule arme leur altruisme, essaient de faire entendre une voix toujours étouffée. Ils sont ceux qu’on enferme dans des surnoms selon que le terme convient aux uns et aux autres : des résistants, des héros, des rebelles, des rêveurs, des utopiques, etc.… Ceux qui, malgré le peu de place qu’on leur accorde dans la société, font se déplacer la balance de gauche à droite. Ceux qu’on pense contrôler et qui en réalité sont libres d’esprit et jouent le jeu avec intelligence. Ceux qui sont le moteur de la société. Ceux qui font trembler la terre et poussent le mal à se cacher. Ceux qui tardent souvent à réagir, mais que rien ni personne ne peut arrêter une fois qu’ils sont décidés. Ils se battent pour une justice équitable qui tarde à arriver… mais que savons nous, nous les habitants de la croûte terrestre, nous qui ne pouvons excéder un certain nombre d’années de vie ? Nous à qui on a imposé une limite à ne pas dépasser sur cette terre où nous ne sommes que des locataires.

Un jour « le pas des mendiants fera à nouveau trembler la terre ». Le bien et le mal cohabitent depuis la nuit des temps, l’avantage évoluant tantôt en faveur de l’un, tantôt en faveur de l’autre. En attendant le prochain retournement, reconnaissons que la prédominance actuelle des forces négatives s’appuie en partie sur la passivité des forces positives.

samedi 23 juin 2007

L'argent des « Noirs » n'a pas d'odeur...



Toutes les questions relatives à notre identité, l’identité des « Noirs », doivent être posées et débattues. C’est à partir du fruit de ces discussions que se consolidera notre conscience collective, indispensable à notre unité. Aussi, je voudrais saisir cette occasion pour traiter d’économie (au sens large), dans la mesure où, selon moi, notre faiblesse économique collective s’explique, en grande partie, par notre errance identitaire.

Que représentent les « Noirs » réellement ?
Les « Noirs » ne représentent ni plus, ni moins qu’un fond de commerce que chaque communauté (à l’exclusion de celle en question) utilise à sa guise sans rendre de comptes. Il est temps que nous prenions conscience de cet état de fait.

Les « Noirs » sont de très grands consommateurs, sans doute, en proportion de leur pouvoir d’achat, les plus grands consommateurs en France. Pour ne citer que le domaine des cosmétiques, certaines d’entre nous n’hésitent pas à y consacrer, que dis-je, à y dévouer 30% de leur revenu mensuel. Hélas, dans ce créneau très spécialisé, les distributeurs sont très rarement « Noirs ». Ainsi, nombreux sont les commerçants dont les affaires prospèrent grâce au faible pouvoir d’achat des « Noirs », ce qui ne les empêchent pas, au demeurant, d’être méprisants à notre égard.

Les « Noirs » participent véritablement à l’enrichissement des autres communautés, et se dépouillent naturellement eux-mêmes. Nous n’avons aucune réserve car nous ne sommes pas présents sur le marché, et nous ne faisons aucun sinon très peu d’efforts pour aider et encourager ceux parmi nous qui essaient péniblement d’y remédier ; c’est pourquoi nous portons ensemble la responsabilité de notre échec.

On entend beaucoup parler du rejet du « Noir », pourtant jamais du rejet de son argent, bien au contraire, « Noir, donnes ton argent et tais toi ! » semble être le slogan implicite du moment. On a utilisé notre force hier, on nous dépouille de notre argent aujourd’hui. Est-ce à dire que l’argent des « Noirs » n’a pas d’odeur ? L’odeur de l’argent des « Noirs » serait-il plus supportable ?

Il faut prendre conscience aujourd’hui que sans l’argent des « Noirs », beaucoup de commerces mettraient la clé sous la porte. Nombreux sont ceux qui déplorent l’inexistence de lobbies « Noirs »… je crois au contraire que nous avons ici, un instrument de pression dont personne n’a encore réalisé le potentiel.

mercredi 13 juin 2007

Lisez et faites circuler l'information !



Une personnalité dont je tairai le nom a écrit, je cite : « Si vous voulez que les Africains ne soient pas au courant de ce qui se passe, écrivez, car les Africains ne lisent pas ». J’ai envie de dire que, quelque part, cette assertion, certes gratuite, devrait nous faire réfléchir. Il nous faut démentir ces préjugés qui nous collent à la peau. Il suffit tout simplement de faire ce qu’il faut : lire et s’informer, car seul celui qui a l’information peut être en capacité de réagir en trouvant les arguments et les mots justes pour ce faire.

En ce qui concerne les « Noirs » en général, les « pseudo spécialistes » écrivent tout et n’importe quoi, surtout les négationnistes de notre Histoire qui ne lésinent pas sur les moyens pour faire passer des idées telles que : « l’esclavage n’a jamais existé, ce sont les Africains qui ont vendu leurs propres frères », ou alors « le colonialisme a été un bienfait pour l’Afrique » voire « les Africains ne sont pas encore prêts pour la démocratie ».

Sur tous ces points, les idées reçues persistent dans la mesure où nous laissons les autres non seulement écrire mais aussi réagir voire s'exprimer à notre place.

Réagissez !
Lisez !
Faites lire !
Ecrivez ! Produisez !

La tradition orale ne nous sert pas, ou peu.
Cette citation le confirme bien : « Les paroles s’envolent, les écrits restent ».

jeudi 7 juin 2007

Hommage au Capitaine N’Tchorere



Charles N'Tchoréré
: Commandant la 7ème compagnie du 53ème RJCMS (Libreville 1896 - Airaines 1940) d’origine gabonaise. Le 7 juin 1940, débordé par les sauts allemands, il est fait prisonnier avec sa troupe au terme de rudes combats. Pour avoir revendiqué le droit d’être traité en officier français, il est abattu à bout portant d’une balle de pistolet. La promotion 1957-1959 de formation des officiers ressortissants des territoires « d’Outre Mer » prend le nom « Capitaine N’Tchorere ».
Tiré du document : « les tirailleurs sénégalais dans la campagne de France ».

Poème :
Toujours prêt à servir la « patrie »
Au mépris de sa vie
Présent pendant la première guerre 14-18
En 1916 il se porte volontaire au front
Puis en 1939 il part en guerre
Avec un bataillon de volontaires Gabonais
Il est fait prisonnier et exécuté

Sergent, capitaine
Puis de sa compagnie, le commandant
Cité à l’ordre de la division
Il a incarné la force et le courage africains

Décoré successivement
De la croix de guerre
Avec étoile d’argent
De la croix de guerre
Avec étoile de vermeil
A l’image de ce qu’il a été
Une merveille

Capitaine N’Tchorere
Ou un bel exemple d’engagement
De bravoure et de dévouement
Qui arbore le mérite des tirailleurs
Lui, venu d’ailleurs
Défendre la paix et les libertés

Nous te rendons hommage
Au nom de ta patrie mère, le Gabon
Au nom de tous les tiens
Au nom de la « patrie » France

Que tu as défendue corps et âme
Pour toutes les âmes que tu as sauvées
Pour avoir sacrifié ta vie
Sans rien demander en retour
Pour avoir sauvé l’honneur
De la « patrie »
Et de tous ceux qui te sont chers
Merci.

© 2007 EugĂ©nie MOUAYINI OPOU. Tous droits rĂ©servĂ©s.

dimanche 3 juin 2007

A propos de la Libération de la France en 1944

vu sur www.afriketudiant.com :
« Mme OPOU Eugénie monte au créneau et réclame le droit de devoir aux combattants africains. Près d'un soldat sur deux, était un Africain : les tirailleurs maghrébins et noirs constituaient le gros de l'infanterie en août 1944 pour libérer la ville de Toulon. Nous avons demandé à Mme OPOU Eugénie, présidente de l'association Afrique Autrement, basée à Lyon de nous dire pourquoi la France doit un devoir de mémoire aux anciens combattants Africains. Sa réponse est sans équivoque. Parce que pendant que la patrie était en péril, la France s'est souvenue que les Africains faisaient partie intégrante des enfants du pays et que pour cette raison, ils avaient le devoir de la défendre au péril de leur vie. Parce que ces combattants Africains venus des contrées lointaines qui ont combattu aux côtés de leurs homologues comme des frères ont le mérite d'avoir sacrifié leur vie pour défendre la paix et les libertés. (Le livre du Colonel Rives " intitulé héros méconnus" et tant d'autres écrits en leur honneur en disent long). Parce que leur courage, leur enthousiasme, leur abnégation, leur altruisme, leur peine, leur héroïsme, leur esprit de sacrifice ont contribué à la victoire que nous célébrons aujourd'hui. Parce que 60 ans après la fin de la seconde guerre, pendant que la patrie honore ce devoir de mémoire, en rendant hommage aux anciens combattants, nous, communauté Africaine avons le devoir d'interpeller et à juste titre la France qui n'a pas le droit de faillir devant ses responsabilités, que les combattants Africains ont écrit une partie de cette mémoire et que la France n'a pas le droit d'essayer de faire oublier cette réalité, mais la regarder en face, méditer et réagir. Parce que cette mémoire commune nous appartient, nous faisons appel au sens des responsabilités, de la gratitude et du devoir de la classe politique Française vis-à-vis de celle-ci pour enfin apporter aux combattants Africains et leurs descendants cette reconnaissance dont nous avons besoin. Parce que notre intégration dans ce pays d'accueil passe également par la reconnaissance de cette mémoire, qui faute de l'entretenir rentre dans l'oubli alors qu'elle est la raison essentielle de la présence des Africains en France. »

vendredi 1 juin 2007

Commémorations du 18 Juin



Le 18 juin 2007, jour anniversaire de l’appel du Général de Gaulle, comme chaque année depuis la fin de la guerre 1939-45, les anciens combattants se recueilleront sur la stèle du « soldat inconnu » et également sur celle érigée sur les monts de Balmont dans le 9ème arrondissement de Lyon, à la mémoire des soldats africains lâchement assassinés.

Eugénie OPOU prononcera un discours et ses poèmes dédiés aux combattants africains seront lus pour leur rendre hommage.

samedi 26 mai 2007

Pour ne pas oublier...

Le 18 juin 1940, à Londres, dans les studios de la BBC, le général Charles de Gaulle lance un Appel à ses compatriotes. Il survient dans un moment d'immense détresse nationale. Suite à une offensive des armées allemandes, les troupes franco-anglaises se débandent ou gagnent l'Angleterre. Huit millions de civils fuient sur les routes de l'exode. L'Appel arrive trop tard pour enrayer la ferveur des Français envers celui qui ne sera bientôt plus appelé que « Le Maréchal ». Mais jour après jour, à la radio de Londres, de Gaulle va bâtir sa légitimité contre les « traîtres de Vichy ». Par son verbe, il lavera la honte de la défaite.
Source : www.herodote.net
Avis aux révisionnistes et aux réactionnaires en tout genre qui refusent de reconnaître que l’histoire de la France s’est toujours écrite en noir et en blanc. Au 15ème siècle, la France alors « sous-développée » a du faire recours à la force africaine, machine humaine via l’abominable esclavage pour donner un essor à son économie naissante.

En 1914, début de la première guerre, la France en détresse alla chercher la réserve africaine qui courra à son secours. En 1939, débute la seconde guerre, la France est envahie. 1940, le général de Gaulle lance un appel de détresse depuis les studios de la BBC à Londres et encore une fois c’est l’Afrique qui répond en envoyant ses Tirailleurs au front au secours de la "patrie" en danger.

Au lieu de passer du temps à vouloir oublier et faire oublier la mémoire, les indécrottables feraient mieux de regarder leur histoire en face, sans essayer d'en effacer les traces. Nous nous souviendrons qu’un grand nombre de ces Tirailleurs venus défendre les libertés dans cette France et aujourd’hui enterrés à Chasselay, ont été lâchement assassinés par les Allemands sur les pentes de Balmont.


jeudi 24 mai 2007

Du 6 au 8 juillet 2007 : dialogues en Humanité



Les 6, 7 et 8 juillet 2007, au Parc de la Tête d'Or (Lyon) Eugénie OPOU interviendra dans le cadre des « Dialogues en Humanité », un événement organisé par le Grand Lyon. A cette occasion, elle donnera un récital des ses poèmes sur le thème de la solidarité.

« Mes poèmes sont mon cri de cœur, grâce à mes écrits, je réunis et je rassemble et à ma manière je réinvente la solidarité. »
Eugénie OPOU

Dans le même cadre, on se souvient qu'en juillet 2006, elle présentait un récital sur le thème de L’Afrique. Son poème en hommage à Yaguiné et Fodé, deux jeunes africains retrouvés morts sous la soute d’un avion à Bruxelles, avait ému l'auditoire.

Soyez nombreux à participer à l'édition 2007 des « Dialogues en Humanité », et surtout, ne manquez pas les interventions d'Eugénie OPOU programmées les 7 et 8 juillet, à partir de 18h.

A titre d'information, vous pouvez accessoirement consulter ce site : www.dialoguesenhumanite.org

mardi 15 mai 2007

Darfour, crime contre l'humanité



Il y a tellement de choses à dire que les mots ne suffisent plus. Le mépris et l’indifférence qui entourent ce génocide sont encore une fois une injure à l'humanité toute entière. Y a t-il des génocides acceptables ? Le 20ème siècle a vu la débâcle du nazisme et de l’apartheid. Le 21ème siècle doit-il être sali par ces crimes perpétrés contre l’humanité ? Que les politiques réagissent, puisque ce sont eux qui s’accaparent le devant de la scène et ont en plus les moyens pour ce faire !

Signons la pétition Urgence Darfour !

dimanche 13 mai 2007

Une ode à la gloire du Royaume Téké


Album : Le Grand Royaume Téké et le Roi Makoko
Interprète : Mfwa CDS (Culture Développement Solidarité)
Année de sortie : 2005
Cette chanson a été exécutée le 17 août 1996 lors de la sortie officielle de Mfwa CDS, au palais du parlement à Brazzaville, sous le haut patronage du Roi Makoko MIALAMI WAWA et de toute la Cour royale.

Avec la participation des délégations venues du Gabon, du Congo-Kinshasa et des districts du Congo-Brazzaville, en présence de la délégation des chefs notables du royaume de Loango (...).

vendredi 11 mai 2007

Commémorations du 10 mai 2007



Le 10 mai a été déclaré « journée nationale de commémoration de la traite négrière et transatlantique de l’esclavage et des abolitions ». A cette occasion, des manifestations ont eu lieu partout dans le pays et la ville de Lyon n’était pas en reste.
Loi n°2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité. L’assemblée nationale et le sénat ont adopté, le Président de la république promulgue la loi dont la teneur suit : « La République française reconnaît la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan indien d’une part et l’esclavage d’autre part perpétré à partir du XVème siècle aux Amérique et aux Caraïbes, dans l’océan indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité ».

Est-ce possible que ceci ait été ? Le code noir révèle des maîtres barbares, inhumains, sans foi ni loi, qui pour assouvir leur soif de domination, assujettissent, brutalisent torturent, pendent, égorgent et étranglent.

L’Ile de Gorée est le triste lieu qui a accueilli dans son enceinte, construite pour la circonstance, ses enfants, avant de les cracher et les voir disparaître à l’horizon.

Je m’insurge contre le père Bartholomé de Las Casas qui sous prétexte de défendre la cause des Indiens et d’arrêter leur extermination a proposé comme monnaie d’échange les Noirs d’Afrique Subsaharienne.

A ceux qui disent que les Africains ont une part de responsabilité dans ce crime, je dénonce la manière dont le travail de mémoire est bafoué, parce que les esclavagistes n’ont pas la force de regarder la vérité en face, celle là qui rappelle la brutalité et la bestialité qu’ils faisaient subir à leurs semblables et pour laquelle ils se sont rendus coupables.

A ceux qui accusent les Africains d’avoir vendu leurs frères. J’ai la rage au ventre de me voir accuser d’avoir vendu mes frères avec lesquels on se regarde en chien de faïence. J’indexe et j’accuse tous ces esclavagistes qui se sont rués sur l’Afrique à la recherche de machines humaines, embarquant dans leur folie meurtrière les hommes les plus robustes.

Très jeune, j'interpellais mes arrière grands parents sur cette question, voici leur réponse : « Chère petite fille. Ces esclavagistes blancs sont mauvais. Ils te disent une chose et en font une autre. Tu leur donnes la main, ils te prennent le bras. Tu l’apprendras à tes dépens. Quoi qu’il en soit, ils étaient plus forts que nous, ils prenaient tout ce que nous avions de meilleur ».

Des voix se sont élevées pour combattre l’esclavage et la traite. Je retiendrai cette prédiction de Toussaint Louverture : « En me renversant, l’on a abattu que le tronc de la liberté des Noirs, il repoussera par les racines parce qu’elles sont profondes et nombreuses ».

mercredi 9 mai 2007

Quel gâchis !

Pour une fois que les jeunes s’intéressent à la politique, c’est un échec. A croire que l’espace politique rejette les jeunes.

Pour une fois que les jeunes se mobilisent en masse pour faire barrage à une politique qui ne leur convient pas, c’est encore un échec. A penser que ce sont les autres qui parlent toujours à leur place.

Pour une fois qu’une femme se présente aux élections présidentielles et était en passe de l’emporter c’est encore un échec, à croire que cette société n’est pas prête pour la parité, alors que chacun joue à la démagogie.

Pour une fois que les extrêmes de tout bord reculent, c’est quelqu’un qui s’accapare des idées d’extrême droite qui l’emporte, à croire que cette société ne sait plus à quel saint se vouer.

Pour une fois que tout le monde ou tout au plus, la moitié de la population juge un homme ou sa politique dangereuse, ce dernier est élu sans équivoque, à croire que les hommes et les femmes de ce pays aiment les jeux dangereux.

Pour la première fois, tous les médias ont décidé de soutenir un candidat et l’ont fait savoir, on peut se poser des questions sur leur neutralité et sur la définition du mot démocratie.

Enfin, un homme qui mène sa campagne depuis plus de cinq ans, l’emporte devant une femme qui n’a eu que quelques mois pour convaincre et on crie à la Victoire pour l’un et à la défaite pour l’autre.

Ma conclusion est la suivante : trop de facilitĂ©s pour l’un, trop d’obstacles pour l’autre, le jeu ne s’est pas jouĂ© Ă  part Ă©gale, mais cela n’empĂŞche pas de constater, puisque la concurrente l’a reconnu, que son adversaire ou partenaire politique a gagnĂ©, les urnes ayant tranchĂ©. Toutefois, la candidate vaincue a le mĂ©rite d’avoir essayĂ© et surtout d’avoir rĂ©sistĂ© Ă  un adversaire imprĂ©visible.

mardi 1 mai 2007

Vivre au rythme du calendrier Téké



Le calendrier Téké se décompose en 4 jours que sont consécutivement Oudzouo, Oukoué, Oukila et Outsara (dit jour de Nkoué-Mbali). Outsara est l'équivalent du dimanche dans le calendrier chrétien : il est considéré comme un jour sacré.
« Oukoué désigne le jour du Grand Marché où chacun vient exposer ce qu'il a de meilleur. Au même titre que le dimanche chez les Chrétiens, Nkoué-Mbali est, au Royaume Téké, un jour sacré. »
Eugénie OPOU, Le Royaume Téké, L’Harmattan, 2005, p. 10

Cette année a débuté un jour de Oukila. Aujourd'hui (1er mai 2007) est aussi un jour de Oukila, et demain sera un jour de Nkoué-Mbali (Outsara).

« Quel que soit le jour de la semaine [chrétienne] auquel correspond Nkoué-Mbali, celui-ci est considéré comme un jour de méditation. A contrario, lorsque Oudzouo, Oukoué ou Oukila correspondent à un samedi ou un dimanche, ils sont considérés comme jours fastes. On dit, pour désigner Outsara "Louobou Nkoué-Mbali" soit "aujourd'hui est un jour sacré". »
Eugénie OPOU, Le Royaume Téké, L’Harmattan, 2005, p. 12


Téléchargez le calendrier tradi-moderne de Nkoué-Mbali pour vivre au rythme du Royaume Téké :